Leutnant
Démocratie Participative
\n31 octobre 2779 (“2026”)
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Ahmad n’avait pas les codes culturels.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a refusé ce vendredi 30 octobre 2026 d’incarcérer un jeune Guinéen accusé d’avoir violé une adolescente de 15 ans dans le “foyer” pour migrants qui l’héberge à Betton (Ille-et-Vilaine).
Le père de la jeune fille avait en fait signalé la “fugue” de celle-ci dans la soirée du 16 octobre 2026 : il devait “aller la chercher à 19h” à la gare de Montfort-sur-Meu mais ne l’y avait pas trouvée. Dans la nuit suivante, son téléphone avait finalement été “géolocalisé” à Betton, à l’adresse d’un “foyer d’hébergement pour migrants” où vit Ahmad X.
L’adolescente – qui avait pris “depuis quelque temps” l’habitude de “fuguer” sans explication, d’après son père – se trouvait effectivement dans le logement occupé par Ahmad X. à l’arrivée des policiers tandis qu’une amie de celle-ci se trouvait “sous le lit”. Ahmad X. avait spontanément déclaré qu’il “hébergeait” les deux jeunes filles “pour la nuit”, ce que l’adolescente de 15 ans avait confirmé. Mais celle-ci avait ensuite accusé Ahmad X. de lui avoir imposé des “pénétrations digitales” non consenties.
La victime avait en réalité été mise en relation avec ce jeune Guinéen de 20 ans par le biais d’une “connaissance du collège” qui l’avait accompagnée à Rennes lors de sa “fugue”. Elle avait précisé aux enquêteurs qu’elle avait refusé “dès le départ” toute “relation” avec Ahmad X. et que ce dernier lui avait promis qu’il n’était “pas un forceur”. Mais, une fois dans le lit, il l’aurait “embrassée de force”, aurait “glissé sa main dans son pantalon” et tenté une “pénétration pénienne” avant de recommencer après qu’elle l’ait “repoussé”.
L’amie de la victime avait indiqué pour sa part qu’elle avait demandé à cette dernière “d’accepter” d’avoir une “relation sexuelle” avec Ahmad X., faute de quoi elles seraient contraintes de “dormir dehors” – et ce, malgré que le fait que le jeune homme l’avait “regardée avec une tête de gros porc” à leur arrivée. Elle avait par ailleurs bien vu le mis en cause “déshabiller” son amie et “retirer son pantalon”.
De son côté, Ahmad X. avait d’abord nié toute relation sexuelle avant d’admettre un rapport “consenti” sans avoir conscience de la “minorité” de la victime. Des messages échangés avec un mystérieux “entremetteur” – qu’il qualifie de “plaisanteries” – avaient été retrouvés sur son téléphone. “T’inquiète c’est des putes, tu me donnes combien si je les ramène chez toi ?”, écrivait cet interlocuteur en promettant à Ahmad X. qu’il pourrait “baiser” et “galocher” la “rousse”. En échange, le mis en cause assurait qu’il donnerait “10 €”.
Dans ces conditions, Ahmad X. a été mis en examen pour “viol commis en présence d’un mineur” et “recours à la prostitution d’un mineur”. Il avait initialement été incarcéré pendant quelques jours, puis le juge des libertés et de la détention (JLD) avait finalement décidé de le placer sous Assignation à résidence sous surveillance électronique (ARSE) par une ordonnance en date du 22 octobre 2026.
Toutefois, dès le lendemain, le parquet avait saisi la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes pour contester cette décision. “Je le considère comme un prédateur sexuel” avait assené l’avocate générale lors de l’audience publique devant la chambre de l’instruction, ce jeudi 29 octobre 2026.
Sur le plan pénal, bien que son casier judiciaire soit vierge de toute condamnation, Ahmad X. fait en effet l’objet d’une autre enquête “toujours en cours” pour avoir violé en mai 2025 une jeune femme avec qui il devait avoir une “relation tarifée”. Et il a récemment été “entendu” dans une affaire de “violences” qu’il aurait commises sur sa compagne “quatre mois” avant les faits pour lesquels il est actuellement mis en examen.
Sur le plan personnel, Ahmad X. est arrivé en France en 2022 en tant que “mineur non accompagné” en provenance de Guinée, où son père réside toujours. Il est bénéficiaire d’un titre de séjour de “travailleur temporaire” depuis 2024 et, sur le plan professionnel, il devait débuter une “mission intérimaire” le 26 octobre 2026.
Son avocat n’était pas présent à l’audience mais avait adressé à la chambre de l’instruction un “mémoire” pour demander la “confirmation” de la décision du JLD. Me Rémi Cassette insistait notamment sur le “choc carcéral” subi par Ahmad X. durant ses quelques jours d’incarcération, ce qui écartait de son point de vue tout “risque de renouvellement de l’infraction”. Il n’y avait pas non plus de “risque de pression” sur la victime dans la mesure où il ne la “connaît pas” et ne peut donc pas rentrer en contact avec elle.
Reste que “les accompagnements sociaux c’est bien, la protection de la société c’est mieux”, avait grincé l’avocate générale : elle avait donc requis le placement d’Ahmad X. en détention provisoire. Finalement, ce vendredi 30 octobre 2026, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes ne l’a pas suivie : elle a confirmé le placement d’Ahmad X. sous ARSE.
Heureusement, Ahmad est désormais pris en charge socialement et ne sera pas expulsé vers sa Guinée natale.
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